• La loi du faire : donner le pouvoir

     

    1️⃣ Liberté de faire selon ses talents, son envie et sa disponibilité

    Pour des structures "traditionnelles"

     

    Le pouvoir au sein d’organisations plus traditionnelles est défini pour fixer des limites : clarifier ce que chacun·e “doit faire” et “peut” ou “ne peut pas faire”.

    ⚛️ Pour les mouvements décentralisés

     

    Ces mouvements se concentrent sur ce que chacun peut faire, en mettant au centre la liberté d’action

     

    ✅ Il y a toujours quelque chose à faire, et il n’y a aucune limite à l’action

    ✅ Chaque groupe local ou thématique est libre de décider de ses propres actions

    ✅ Chaque contributeur.rice est libre de contribuer à sa mesure et comme bon lui semble

    2️⃣ Responsabilité de faire : chacun·e a la charge mentale de faire

    Pour des structures "traditionnelles"

     

    Les organisations traditionnelles pyramidales ont des “chef.fe.s” et managers, dont le rôle est de faire en sorte que le travail avance. Ils ou elles sont responsables du rendu final et de l’atteinte des objectifs

    ⚛️ Pour les mouvements décentralisés

     

    Dans les mouvements décentralisés et horizontaux, cette responsabilité que les “actions avancent” est partagée entre tous.

     

    Stop aux “on devrait” : dans un mouvement décentralisé et horizontal, il est vain d’énoncer des “on a besoin de ...” ou “il faudrait que ...”, comme si quelqu’un d’autre que soi-même était responsable. C’est à chacun.e de prendre sa responsabilité selon ses envies et talents pour s’emparer des sujets et inviter d’autres à venir faire avec lui/elle -- cela implique un certain lâcher-prise vis-à-vis des attentes de ce que les autres devraient faire, pour se recentrer sur ce que soi même on souhaite faire.

     

    Les redites et répétitions s'auto-gèrent : deux personnes s'attellent au même besoin ? Elles se rejoindront naturellement ou offriront au mouvement plusieurs alternatives - le mouvement choisira alors l’alternative la plus utile ou efficace, laissant l’autre disparaître naturellement.

    💡 Un leadership d’influence et non d’organigramme

    Le leadership qui se développe au sein du mouvement est porté par celles et ceux qui prennent l’initiative de faire et qui invitent d’autres à les rejoindre dans l’action.

     

    Il n’y a pas besoin de planifier les rôles ni de constituer des organigrammes :

    • si les gens n’ont pas envie de faire, il est illusoire de penser que des règles ou des obligations permettront d’obtenir leur adhésion et leurs énergies sur le long terme, surtout s’ils sont bénévoles.
    • si les gens ont envie de faire ils en prendront l’initiative, tant que le cadre est clair et les y invite explicitement.
  • Questions-réponses

    ❓Alors qui décide de la stratégie ?

     

    Dans un mouvement horizontal et décentralisé, la stratégie globale est souvent dessinée par le cadre et la vision plus ou moins limitante comme décrit dans la clé 1.

     

    Chaque groupe local peut alors avoir sa propre stratégie d’action et de mobilisation “sur le terrain”, qui aboutit avec plus ou moins de succès et fait progresser l’ensemble du mouvement grâce à l’apprentissage continu entre groupes locaux.

     

    Cela donne l’avantage au mouvement de rester dans l’instantanéité et l’adaptabilité constante, plutôt que de s’enfermer dans une seule stratégie “globale” qui ne serait pas pertinente pour tous les groupes et mettrai du temps à s’adapter aux changements de contextes (problème que rencontrent de nombreuses ONG)

     

    ❓ Comment prend-on les décisions opérationnelles ?

     

    Une question centrale se pose sur les modes de prise de décision dans un contexte de “liberté de faire” : jusqu’à quel point une personne peut-elle, en prenant des initiatives, décider pour l’ensemble du groupe ?

     

    Il faut alors différencier deux types de décisions : celles qui sont fondamentalement structurantes pour l’ensemble car concernent une orientation du mouvement, et celles qui ne le sont pas car concernent une action opérationnelle.


    💡 Décider seul.e d’une action en sollicitant des avis

     

    Dans le cadre de la sollicitation d’avis / partage d’intention, toute personne est habilitée à prendre n’importe quelle décision qui concerne le groupe, mais doit solliciter l’avis de
    1- celles et ceux qui sont concerné·e·s, car ils/elles vont être directement impacté·e·s par la décision
    2- celles et ceux qui sont des spécialistes du sujet, car ce sont eux / elles qui sont le plus à même d’éclairer la décision et faire en sorte que celle-ci soit “la bonne”.

    Suite à cette consultation, la personne en charge de la décision peut la prendre librement en fonction des retours et de ce qu’elle considère comme étant le mieux pour l’ensemble du groupe. C’est une décision individuelle, mais basée sur l’avis et l’expertise des autres.

    Il n’est pas toujours possible de consulter tous et toutes les concerné·e·s et spécialistes, pour des raisons de contrainte de temps et disponibilité. L’idée ici est bien de faire de son mieux avec l’information et les personnes disponibles, tout en gardant en tête que l’erreur est admise et qu’il est toujours possible de faire marche arrière si besoin.


    💡 La gestion par consentement pour décider ensemble

     

    La gestion par consentement est un processus de prise décision qui permet d’assurer que l’ensemble du groupe est d’accord avec la décision prise, et qu’aucun membre n’a de véto :

    • Cela commence par une proposition d’un.e membre, puis un tour de clarification jusqu’à ce que l’information soit claire pour tous
    • Chacun.e est alors libre d’accepter la proposition en l’état ou d’y d’opposer une objection constructive
    • La personne ayant fait la proposition propose alors des amendements prenant en compte les objections énoncées
    • Le process continue jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’objections
       

    Ce mode de décisions peut paraître lourd et chronophage - et il l’est souvent. Cela dit, il permet d’assurer que même s’il n’y a pas consensus sur une décision, il n’y a pas non plus de véto non adressés dans le groupe - c’est pour cela qu’on parle de consentement. En savoir plus avec ce kit de l'Université du nous.

  • L’essentiel à retenir

     

    ✅ Liberté de faire selon ses talents, son envie et sa disponibilité
    ✅ Responsabilité de faire : chacun·e porte la charge mentale de faire avancer la cause
    ✅ Un leadership d’influence et non d’organigramme
    ✅ Pour décider : des processus qui permettent de solliciter l’avis et l’expertise d’autres, mais laissent les individus responsables et acteurs de leurs décisions