• Transparence totale : l’information accessibles à tou·te·s

     

    1️⃣ La difficile circulation d’information dans les organisations traditionnelles

    Dans les organisations plus traditionnelles, toute l’information est généralement remontée au sein d’un cercle restreint de dirigeant·e·s, qui ont la charge de trancher et d’informer le reste de l’organisation. Cette concentration de trop d'information au sommet, qui n'en a d’ailleurs pas toujours l'utilité et ne sait pas qui peut y avoir intérêt, fait qu'elle a peu de chances de bien redescendre :

    ⚠️ Un partage difficile de l’information : celles et ceux qui détiennent l’information se heurtent à la difficulté de la communiquer avec le niveau de détails et la fréquence adaptés aux besoins des différentes parties prenantes.

    ⚠️ Une distorsion de l’information : l’exactitude peut se perdre au fur et à mesure que l’information circule entre les départements ou les niveaux de hiérarchie

    Ce modèle d’organisation peut être efficace pour certains projets mais :

     

    • il correspond de moins en moins aux attentes et modes de fonctionnement des individus - notamment des plus jeunes, façonnés par l’instantanéité et la fluidité de l’information à l’heure des technologies digitales
    • il limite la possibilité de “viralité”, d’essaimage naturel et rapide pour embarquer un maximum de citoyen·ne·s sur une cause dans un temps limité

    2️⃣ Ce qu’offre une transparence interne totale de l’information

    Dans certains mouvements décentralisés et horizontaux, toutes les conversations se déroulent sur une plateforme partagée (forum, outil de tchat, etc) où chacun·e peut lire les échanges. Cela offre de nombreux avantages :

     

    Permettre la liberté d’action : dans le cadre de la liberté et responsabilité de faire, chacun·e peut / doit aller chercher l’information qu’il / elle souhaite.

     

    Stopper la défiance : si chacun·e a accès à tout, pas de crainte à avoir que certain·e·s prennent le pouvoir ; cela contribue à désamorcer cette peur.

     

    L’auto-apprentissage du groupe par la viralité : éviter les erreurs et reproduire les bonnes idées des autres : rendre l’information accessible à tou·te·s, notamment les comptes rendus et les retours critiques sur des actions ou idées entraîne un effet de ricochet très rapide des initiatives qui fonctionnent et évite que celles qui n’ont pas fonctionné soient reproduites par d’autres groupes locaux / individus.

     

    Faire émerger les besoins communs des groupes locaux ou participant.e.s : la plateforme de communication peut organiser les échanges par thématiques et sujets, et des “facilitateurs·trices” sans pouvoir de décision aident à la mutualisation et au partage des infos.
     

    💡 Eviter l’autre extrême : tout le monde sait et décide de tout

    Dans les groupes où il y a très peu de processus formels de prise de décision, certain·e·s membres peuvent décider de s’inviter partout, dans une logique de contrôle. Ils peuvent rapidement devenir bloquants et démoraliser l’ensemble du groupe - qui est là rappelons le pour l’action et le fun. Par ailleurs, l'absence de structure formelle peut rapidement créer une structure informelle, avec sa propre élite.

     

    💡Trois idées pour éviter ces écueils :

     

    1️⃣ Processus d'accueil pour expliquer les règles et former

     

    Les règles et postures propres au mouvement doivent être communiquées, comprises, intégrées par le plus grand nombre, et notamment par les nouveaux membres lorsqu’ils sont accueillis. Un processus d'accueil (en anglais "on-boarding") et d’auto-formation au sein du groupe peut-être très précieux

    👉 Par exemple la formation constante des nouveaux membres de La Bascule aux bases de la Gouvernance partagée.

     

    2️⃣ Connaissance de soi et maturité

     

    En intégrant “la loi du faire”, les membres apprennent à lâcher prise, notamment quand ils ne peuvent pas apporter une contribution significative. Cela implique une certaine maturité et une connaissance de soi, pour être conscient·e de ce qui relève de l’envie de faire ou du besoin de contrôler. Pour réellement “faire”, il faut se concentrer sur quelques actions ou groupes thématiques.

    👉 Dans le mouvement Youth For Climate France, il est par exemple demandé de ne pas s’investir dans plus de 3 groupes différents.

     

    3️⃣ Des liens forts, des échanges, de la confiance et et du "fun"

     

    Pour limiter le réflexe de contrôle que des membres pourraient avoir, et aider au lâcher prise, des liens forts entre membres des cellules sont essentiels et permettent d’instaurer la confiance et d’ancrer cet état d’esprit. Ce nouveau mode de fonctionnement est un apprentissage, qui demande de la pratique collective. Il est donc vivement conseillé aux membres de co-organiser des temps de rencontres ou des opportunités pour discuter ou faire ensemble.

    👉 Par exemple, le mouvement Youth For Climate se réunit tous les 3-4 mois à l’initiative d’un groupe local qui organise, pour se rencontrer, se former, et avancer sur les sujets structurants.

    👉 Exemple : comment Youth For Climate offre une ouverture et une transparence totale via la plateforme Discord

    Cliquez pour relire l'exemple

  • L’essentiel à retenir

     

    La transparence totale :

    ✅ permet de stopper la défiance et va de pair avec la liberté d’action
    ✅ permet l’auto-apprentissage du groupe par la viralité : copier les bonnes idées et éviter de reproduire les erreurs
    ✅ fait émerger les besoins communs des groupes locaux ou individus

     

    ✅ Une structure ouverte et totalement transparente a besoin d’un cadre de fonctionnement très clair, même si minimal - revoir la clé 1 "Les pré-requis : action-étincelle et cadre précis"